Le bien-être est un devoir.

unsplash-logoSydney Sims

C’est tellement triste d’être joyeux dans un monde où le bien-être est un devoir.

Serge Bouchard

Le titre est fort, en effet. Le bien-être est un devoir. C’est ce que je ressens. Est-il encore possible de vivre des émotions négatives sans que l’on nous propose une méthode pour ne plus vivre celle-ci ?

Vivre de la tristesse, une colère ou un doute ne fait-il plus partie des sentiments humains acceptables ? Se plaindre n’est-il plus convenable ? Partager les parties de sa vie les plus sombres, est-ce facebookable ?

Parties inconnues

Parties inconnues,
Que savons-nous les uns des autres, très peu et même de ces êtres chers que nous côtoyons, d’un collègue qui blague, d’une personne qui aime la vie. Un jour tout stoppe ; plus de forces, plus d’envies, plus rien.

Alors, il en a qui parle de demander de l’aide ; demander de l’aide lorsque la seule aide que l’on souhaite est un truc dans la face, un accident de voiture, ou bien plus pour en finir. Je ne sais pas je n’ai pas la solution.

Ce jour de l’éveil

unsplash-logoAlessio Lin

Me voici en moi-même comme en train d’habiter une maison qui aurait été construite en mon absence

Gaston Miron

 

Le poète québécois Gaston Miron disait dans un de ces fameux poèmes « Me voici en moi-même comme en train d’habiter une maison qui aurait été construite en mon absence » ; voici quelques sentiments que j’ai éprouvés le jour où je suis à moi-même.

Et ensuite ?

unsplash-logoKinga Cichewicz

 

Tout est en un (Abraham). Tout est amour (Jésus-Christ). Tout est économique (Karl Marx). Tout est sexuel (Sigmund Freud). Tout est relatif (Albert Einstein). Et ensuite ?

Bernard Werber

J’ai cru qu’il y avait un dieu. J’ai cru qu’il y avait plus de dieux. J’ai cru qu’il y avait moi, moi et les autres. J’ai cru que tous ensemble nous pouvons y arriver. Et ensuite ?

J’ai cru que tel ou tel outil allait m’aider. J’ai cru à la motivation. J’ai cru que la motivation était illusoire. J’ai cru en moi, à ce que je suis. Et ensuite ?

Fuir une vie banale, un piège ?

unsplash-logoEaston Oliver

 Toute vraie occasion est un hapax, c’est-à-dire qu’elle ne comporte ni précédent, ni réédition, ni avant-goût, ni arrière-goût ; elle ne s’annonce pas par des signes précurseurs et ne connaît pas de “seconde fois. »

Vladimir Jankélévitch

La recherche du bonheur, du mieux-être ; quelle belle quête. Si belle, qu’elle nous pousserait à trouver des expériences, des métiers ou des amours qui nous font vivre des émotions toujours plus fortes. Toujours plus serait le résumé du développement personnel, toujours en soi la spiritualité et toujours vrai la vie vécue avec simplicité.

La recherche des papillons, de l’exaltation, de l’inédit, la culture du toujours plus loin, toujours plus fort, la fièvre des émotions, cette peur du banal, de gâcher sa vie, nous fait passer à côté de la chose la plus importante : l’essentiel.

Je bois à la gourde vide du sens de la vie

unsplash-logoMatt Le

Je bois à la gourde vide du sens de la vie.

Gaston Miron

J’aime passionnément les poèmes de Gaston Miron ; il y parle de la vie, l’amour, nos relations. Une phrase résonne encore et toujours en moi : je bois à la gourde vide du sens de la vie.

Le vide, l’humain fuit le vide. Moi aussi je l’ai beaucoup fui. Le vide provoque des besoins, d’énormes besoins. Dont le besoin de se remplir, remplir de tout ce qui pourrait comblés ce trou béant en soi.

La réussite : si on s’était trompé collectivement ?

unsplash-logoGuilherme Stecanella

Renoncer, c’est nous libérer. Ne rien vouloir, c’est pouvoir.

Fernando Pessoa

Réussir un projet, aller jusqu’au bout est devenu dans la croyance collective est une forme de mieux-être.

On nous parle de réussite, de repères, d’avoir des objectifs, de discipline, d’ambitions, d’outils, bref un ensemble de critères qui sont certes une des méthodes utilisées par ceux qui sont sur les couvertures des journaux, magazines ; certes, mais réussir sa vie, est-ce cela?

Vivre l’incertitude est-elle notre seule certitude ?

unsplash-logoJamie Street

C’est l’incertitude qui nous charme. Tout devient merveilleux dans la brume.

Oscar Wilde

Le doute, l’inconnu, le brouillard du demain, cette vision nocturne de notre futur, ces moments instables pour l’humain, voici l’incertitude dans nos vies. Elle provoque des tempêtes, des tas de plans, d’organisations pour la contrer. Nous vivons parfois nos vies comme si demain serait une catastrophe sans non, que la joie et le bonheur disparaissaient.

La sensation émouvante d’être vivant

unsplash-logoAaron Ang

 

C’est tellement triste d’être joyeux dans un monde où le bien-être est un devoir.

Serge Bouchard

C’est avoir envie de vivre qui amène le bonheur et non le bonheur qui donne envie de vivre.

À lire les articles au quotidien sur comment atteindre le bien-être, nous serions toutes et tous affublés d’un certain nombre de manques et de dysfonctionnements dans nos actions, communications, en organisation, en conscience, et même dans notre rapport au temps. Ces articles veulent nous guérir d’un certain nombre de symptômes que nous ne savons pas qu’il existait juste avant la lecture.

Le choix de la légèreté

unsplash-logoMatthew Brodeur

Ce qui abrège les jours, c’est la lourdeur de l’âme, et ces brumes où la tristesse l’enveloppe.

Rodolphe Töpffer

 

Il y a un choix que je fais bien souvent dans la vie ; celui de la légèreté.

« Danser avec ses chaines » disait Friedrich Nietzsche dans son livre « Le voyageur et son ombre. »  Vivre cette Légèreté — opposée à la lourdeur — et non une futile inconscience ; une légèreté qui vit aussi avec gravité, les pieds ancrés dans la réalité — cet opposé de la frivolité.