Coronavirus, réveillez-vous!

 Un jour, je saurai moins et alors j’ouvrirai les yeux

Octavio Paz

Réveillez-vous! Réveillez-vous! Ces exclamations commencent beaucoup de publications que je vois apparaitre sur les réseaux sociaux.

Certains nous disent de croire les scientifiques, l’état, les journalistes; d’autres nous disent que tout est mascarades, que nous sommes des moutons si nous les croyons. Les avis sont tranchés en ce matin d’avril 2020. Les combats font rage; ce n’est plus une guerre contre un virus invisible, mais contre un ami invisible.

Ce matin, la nuance et dire « je ne sais pas » sont morts. 

Mon mur de nouvelles s’est transformé; plus les jours de solitude avancent, plus les commentaires se font acerbes. Même les plus spirituelles de mes contacts, qui parlaient d’unité et que nous étions un, tout cela est devenu  « Réveillez-vous!, arrêtez d’être des moutons »

J’ai mal au cœur de voir tant de haine. Je suis triste de voir tant de souffrance mise è jour,

 Je vivais tant d’espoir dans les premières journées de ce confinement. Naïvement, je pensais que nous allions tous nous rassembler pour créer quelque chose de différent,. J’imaginais qu cette période d’arrêt allait montrer que la nature peut mieux vivre si nous vivons plus simplement, que les gens de la santé sont toujours au front, que les » Petits métiers » de services sont si essentiels, vu que nous ne sommes plus autonomes en nourriture. 

Certains me diront surement qu’il est important de connaitre la vérité; peut-être, mais je n’y vois aucune trace de cela. J’y vois juste un combat de deux camps qui veut juste une chose : avoir raison.  

Est-ce que j’ai perdu espoir en ce monde ? 

Je sais, un peu partout, tout le monde s’entretue, c’est pas gai, mais d’autres s’entrevivent, j’irai les retrouver.

Jacques Prévert   

Une personne m’a écrit un jour si ne rien dire n’est pas donc un chèque en blanc, le fameux « qui me dit mot, consent », je crois, au contraire que d’être libre penseur, d’être « au milieu » est révolutionnaire. Je crois surtout dans une période où personne ne sait et ce rien change tous les jours, avoir la vérité est un exploit. J’aime la citation attribuée à Einstein qui résume ma pensée : « La théorie, c’est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c’est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi. Ici, nous avons réuni théorie et pratique : Rien ne fonctionne… et personne ne sait pourquoi ! “

Mais une chose qui m’a fait réfléchir est que si la nature est plus forte que l’homme, si personne ne savait vraiment ce qu’il se passe, comment nous réagirons si le monde que nous avons connu disparaissait ? Si l’homme était le nouveau dinosaure ?

En attendant, j’irais rejoindre ceux qui s’entrevivent, ceux qui choisissent l’accueil sur le rejet, l’écoute sur l’envie de persuader, ceux qui choisissent l’humain avant l’information. Parce que personne ne sait ce qui se passera demain, personne ne sait même s’il sera vivant. La seule chose que je sais est qu’il y aura un demain. 

Dans ce demain, je vois tellement de possibles, de façons de vivre, de mettre les priorités aux bonnes places comme la culture essentielle au mieux être, le travail plus sain, la reconnaissance pour ceux qui sont essentiels. Je suis surement utopique, un utopique modéré, de ceux qui croient que le cœur peut être à la bonne place lorsqu’il sert aux plus grands nombres.     

Alors oui, j’ai ce besoin de vrai, de nuance, de sagesse déposée. La vie n’est plus cette bulle Secure qui nous amènera de 0 à 90 ans tranquillement, ce virus nous l’a montré. La vie, les relations j’ai envie d’être doux avec. J’ai envie aussi de recontacter ce qui m’allumait avant : vivre en campagne, écrire plus souvent. 

Ce virus m’a fait explorer mes blessures une à une, elle m’a fait peur, elle m’a fait rager. Elle m’a fait surtout prendre conscience de ce qui n’allait plus la peine. 

Merci pour vos ‘Réveillez-vous! ‘et j’ai juste envie de faire un grand câlin (virtuel) et vous demandez : comment vas-tu aujourd’hui ? Car finalement, ce n’est pas ce que tu crois qui compte, mais comment tu te vis. Prenez soin de vous.