Facebook, tu es triste.

unsplash-logoPrateek Katyal

L’ingrédient magique, c’est l’amour. Car il permet la cristallisation du rêve. Saupoudrez le tout d’une pincée de surprise, et votre vie aura un goût exquis.

Mathias Malzieu

Je regarde Facebook, je l’explore, je le lis, je m’y perds. Souvent trop souvent, j’y perds mon temps. Je déambule dans ces avenues, à la recherche du rien. J’erre. Je ne m’y suis pas toujours perdu, je fus un passionné de cet outil.

Facebook, tu as vieilli. Au début, tu reliais les gens que je ne pouvais voir, tu créais du lien dans une légèreté innocente de l’enfant qui partage avec ces amis ces photos mal cadrées de la dernière aventure. Tu étais tellement léger. Tu étais un album de famille, un messager de la dernière naissance, de la nouvelle du changement de travail. Tu ne recherchais pas le like.

Aujourd’hui, tu as vieilli et tu es devenu trop sérieux. Tu as des opinions fermes sur tous les sujets , sans nuances. Tu es une machine à promotion, cachée derrière l’argument du mieux-être. Tu ne partages plus les nouvelles sauf si je paie des publicités. Tu es devenu trop rigide à mes yeux d’enfant. 

Cela me rend triste d’errer sur Facebook, à la recherche d’un soupçon de rêves, d’innocence ou de surprise. Je ne sais pas d’ailleurs si c’est notre époque ou Facebook, mais je n’ai pas envie d’embarquer dans ces guerres incessantes d’opinions. J’essaie même de ne plus donner la mienne pour ne pas créer de guerre de « mais oui » «  mais non ».

Je suis nostalgique de l’innocence de vivre. On dit souvent que l’innocence est la qualité de ceux qui nous pas de connaissances. Peux être que c’est devenu l’inverse, que  la connaissance amène au besoin d’innocence. 

L’amour de vivre, le rêve du simple, du vrai; si c’est de la non-connaissance, alors je veux être ignorant. 

Sur Facebook comme dans ma vie, je recherche ces espaces dans lesquels je suis moi pleinement, sans artifice, sans avoir besoin de plaire. 

Je recherche une certaine simplification personnelle, du vivant. Parce que, quelles que soient nos opinions, quel que soit le nombre de likes, la vie est la même pour toutes et tous : parfois douce, parfois âpre.

Si la vie est une bagarre virtuelle d’idées alors je préfère agiter le drapeau blanc.Si la vie n’est que likes, elle peut être aussi l’amour des proches. 

Merci Facebook par contre, pour toutes ces rencontres réelles ou virtuelles , sur mes pages personnelle ou professionnelle. Merci pour les coups de pouce, les coups de coeur qui donnent envie de se dépasser.

Merci Facebook de me faire découvrir un monde loin de moi et qui me ressemble tant. Merci de me sensibiliser sur ce qui m’entoure. 

Merci Facebook d’être un plus et non la base, d’être un outil et non la vie.

Facebook, tu es triste et peut-être que demain tu serais le lien humain qui nous permet de mieux vivre nos différences, allégé de ces combats pour l’ego et charger de la douceur de tous celles et ceux qui veulent juste exprimer la poésie de la vie. Je nous souhaite tellement de ne plus être sérieux de soi et juste avoir envie d’aimer. Car Aimer et être Soi sont deux des cadeaux de la vie.