Le bien-être est un devoir.

unsplash-logoSydney Sims

C’est tellement triste d’être joyeux dans un monde où le bien-être est un devoir.

Serge Bouchard

Le titre est fort, en effet. Le bien-être est un devoir. C’est ce que je ressens. Est-il encore possible de vivre des émotions négatives sans que l’on nous propose une méthode pour ne plus vivre celle-ci ?

Vivre de la tristesse, une colère ou un doute ne fait-il plus partie des sentiments humains acceptables ? Se plaindre n’est-il plus convenable ? Partager les parties de sa vie les plus sombres, est-ce facebookable ?

À présent, il faut transformer au plus vite le négatif en positif, ou utiliser un processus pour ne pas vivre de sentiments négatifs. Tant et tant de méthodes pour mettre un beau couvercle sur la marmite des sentiments ; tellement triste.

Je pense parfois que nous sommes, collectivement, de moins en moins à l’aise avec le négatif, que le temps ou d’écoute sont des denrées rares. L’altruisme ne vend pas et la sensibilité est la faille des plus faible. Dans notre monde de communication, l’écoute est le parent pauvre.

Écouter demande d’être disponible, de vouloir comprendre et nous juste entre le son de la voix, d’accueillir. L’écoute est une volonté forte de créer un lien avec l’autre.

Je trouve cela si triste de voir la vie gérée comme une entreprise qui crée des bénéfices positifs. Tout doit être dans la colonne recette et rien ne doit se trouver dans la colonne des dépenses. Tout est capital et rien n’est investissement dans le côté sombre de soi.

L’humain lui n’est pas fait que de deux faces, mais d’un ensemble complexe

Je ne tiens pas à faire la promotion de la tristesse, loin de là, mais comment vivre sainement lorsque l’on vit à un seul côté d’un système en équilibre ? Je n’ai pas envie d’être le porte étendard de l’optimiste aveugle, optimisme incarné par l’exagération de l’individualisme.

Je n’ai pas de méthode pour que toutes sortes de sentiments puissent être acceptés dans notre monde ; je n’ai ni conseil, ni de truc pour vivre l’accueil de l’autre. La seule chose que je peux partager est que ce mot je l’aime : accueil.

Accueillir ; étymologie : Mettre ensemble ; réunir.

Qu’un monde peut être triste quand le bonheur individuel est plus important que le bonheur ensemble. Vivre ensemble, mettre en commun, voici un véritable sens à la vie.