Je bois à la gourde vide du sens de la vie

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Je bois à la gourde vide du sens de la vie.

Gaston Miron

J’aime passionnément les poèmes de Gaston Miron ; il y parle de la vie, l’amour, nos relations. Une phrase résonne encore et toujours en moi : je bois à la gourde vide du sens de la vie.

Le vide, l’humain fuit le vide. Moi aussi je l’ai beaucoup fui. Le vide provoque des besoins, d’énormes besoins. Dont le besoin de se remplir, remplir de tout ce qui pourrait comblés ce trou béant en soi.

Besoin ou désir, car dans ces tempêtes de vides, tout se bouscule.

Le vide amène parfois le mal-être, ou l’inverse le vide met à jour le mal-être, ou la souffrance d’être qui nous sommes. « Tout vide spirituel peut provoquer des tempêtes passionnées » écrivait Arthur Koestler. Le vide est ce vent qui met à jour nos incapacités, nos faiblesses et nos insatisfactions.

Il y a des tempêtes qui provoquent des désirs toujours plus grands. Épicure parlait lui des désirs vides, tels la gloire, le pouvoir et la richesse.

Je ne crois pas que nous souffrons du vide par ce qu’ils nous montrent des désirs ou besoins non satisfaits, mais plus nous souffrons d’avoir conscience de ces vides. Mais pourquoi remplir ?

Jules Renard disait « Regarde le vide ! Tu y trouveras des trésors. »

La culture qui nous entoure valorise le positif, le plein, se remplir alors que le négatif, le vide ne sont que des mots, leurs pendants. Cela fait partie de la nature. Mais la « conscience » de vivre le côté « négatif » crée d’autres tempêtes ; c’est l’inquiétude du négatif qui crée le néant.

Lorsque le vide met à jour, le néant nous aspire dans les désirs de la consommation spirituelle.

À force de vider le sens de nos vies, nous construisons dans le néant en espérant que ce néant se remplisse.

 

Il nous faudra bien répondre à notre véritable vocation, qui n’est pas de produire et de consommer sans fin, mais d’aimer, d’admirer et de prendre soin de la vie sous toutes ses formes

Pierre Rabhi