La réussite : si on s’était trompé collectivement ?

unsplash-logoGuilherme Stecanella

Renoncer, c’est nous libérer. Ne rien vouloir, c’est pouvoir.

Fernando Pessoa

Réussir un projet, aller jusqu’au bout est devenu dans la croyance collective est une forme de mieux-être.

On nous parle de réussite, de repères, d’avoir des objectifs, de discipline, d’ambitions, d’outils, bref un ensemble de critères qui sont certes une des méthodes utilisées par ceux qui sont sur les couvertures des journaux, magazines ; certes, mais réussir sa vie, est-ce cela?

Réussir un projet est glamour lorsque cela parait facile et que peux d’effort seront nécessaires et surtout avec des outils qui permettront de contrôler les résultats.

Ce qui est moins mis de l’avant est qu’il n’y a aucun entrepreneur qui n’a pas travaillé avec acharnements, en connaissant nombreux écueil, allant d’échec en échec jusqu’à un jour rencontrer sa passion, sa motivation naturelle qui amène parfois au-devant des caméras (et encore très rarement)

On peut même y voir un parallèle, des points communs entre la vie et un projet ; je vous laisse les trouver.

Pour revenir à la réussite : et si c’était l’inverse qui était bon ? Si savoir renoncer était cet instant de dans lequel la sagesse croise le chemin du bien-être, du courage ?

Ce renoncement qui permet de s’approcher de la vie.

Renoncer pour toucher la liberté, le vide, juste la présence à soi, cet amour ultime d’être avec soi. Vivre cette simplicité d’être en vie, en lien, être présent à la vie pour mieux ensuite vivre ces plus que sont les projets, la réalisation de soi.

Renoncer, ne pas vouloir, c’est vivre l’amour pur et sain de soi pour mieux partager avec ceux que nous aimons.

Pour finir, j’aimerais sire que le discours de la réussite personnelle ne se vendrait plus si tout le monde disait qu’il y aussi une énorme part de chance, le fait de pouvoir donner un temps incroyable (donc d’avoir un conjoint ou un entourage soutenant), qu’il ne faille pas être malade, etc.

Il y a plus de réussites par accident, et par hasard que de réussite du à la préparation, au travail et d’objectifs bien posés. Si c’était la préparation qui était garants alors beaucoup de monde réussirait.

Je vous souhaite alors d’avoir un accident de réussite, de vivre ce hasard et aussi qu’à la fin de votre vie il y ait un écrilibre entre projets et famille, entre volonté et hasard, entre engagement et renoncement et entre temps passé à construire et temps passé à vivre et à aimer.

Choisir, c’était renoncer pour toujours, pour jamais, à tout le reste et la quantité nombreuse de ce reste demeurait préférable à n’importe quelle unité.

André Gide