Vivre l’incertitude est-elle notre seule certitude ?

unsplash-logoJamie Street

C’est l’incertitude qui nous charme. Tout devient merveilleux dans la brume.

Oscar Wilde

Le doute, l’inconnu, le brouillard du demain, cette vision nocturne de notre futur, ces moments instables pour l’humain, voici l’incertitude dans nos vies. Elle provoque des tempêtes, des tas de plans, d’organisations pour la contrer. Nous vivons parfois nos vies comme si demain serait une catastrophe sans non, que la joie et le bonheur disparaissaient.

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais j’ai vécu tant de catastrophes, des fonds de vies, des maladies, pour me dire que je dois avoir suffisamment de forces, de qualités, de résilience pour que demain ne soit pas une fin, mais un continuum

« Le doute est l’hommage qu’on rend à la vérité », disait Ernest Renan ; est-ce que le doute n’est pas le test de la vérité face à nos vies, à nos projets : soi face au reflet de nos paradoxes.

Le doute est parfois cette peur que l’on nous enlève tout, la joie, le bonheur, l’argent, la famille, le travail ; que le sol se dérobe sous nos pieds.

La seule certitude de nos vies est qu’il y a une incertitude l’instant d’après. La vie est cet ensemble de risque, de découverte de la seconde suivante, cette seconde qui contient tout un mystère.

Il se peut alors que lorsque la vie n’est pas lumière, lorsque le doute noircit notre futur, nous tenons à bout de doigt une allumette pour éclairer nos journées, nos vies ; allumette qui mettra le feu au soleil de nos vérités.

Si le doute est dans la vie, si l’incertitude est humaine, alors je me confesse : j’aime intimement être humain, vivre, relié à moi, à vous, dans la joie de pouvoir écrire, lire, partager : parce que tous ces moments de vies, poétiques et lumineux viennent rendre plus légère cette incertitude.

L’instant d’après est un doute que l’instant présent ne peut connaitre.

 Je suis persuadé que l’on peut et doit vivre avec de l’incertitude. La vie est une navigation sur un océan d’incertitude, à travers des archipels de certitudes. […] Chacun est certain de sa mort, mais nul n’en connaît la date ou les circonstances. Bien entendu, on risque alors d’être submergé par l’angoisse. À mon sens, la riposte à l’angoisse est la communion, la communauté, l’amour, la participation, la poésie, le jeu… toutes ces valeurs qui font le tissu même de la vie.

Edgar Morin