Le choix de la légèreté

unsplash-logoMatthew Brodeur

Ce qui abrège les jours, c’est la lourdeur de l’âme, et ces brumes où la tristesse l’enveloppe.

Rodolphe Töpffer

 

Il y a un choix que je fais bien souvent dans la vie ; celui de la légèreté.

« Danser avec ses chaines » disait Friedrich Nietzsche dans son livre « Le voyageur et son ombre. »  Vivre cette Légèreté — opposée à la lourdeur — et non une futile inconscience ; une légèreté qui vit aussi avec gravité, les pieds ancrés dans la réalité — cet opposé de la frivolité.

Pour moi, la légèreté n’est pas la rêverie d’un monde imaginaire, la fuite du réel ou l’étourdissement par l’obésité des besoins. La vie est si courte par moment pour que le compliqué ou le sérieux,viennent appesantir le tout, de même que les solutions soi-disant légères que nous choisissons parfois.

Au sérieux de la vie, je préfère la fluidité ; au grandiloquent, je préfère le simple ; aux relations compliquées, je préfère les relations épanouissantes ; à la grandeur d’âme feinte ou mise de l’avant, je préfère l’humilité et la générosité vécue, à toute forme de violence physique ou psychologique, je préfère la douceur.

La vie n’a pas besoin de s’alourdir plus, que le sérieux l’écrase. La vie peut être un choix libre de vivre dans la douceur, le vrai, le simple, le soi, le commun.

J’ai envie de vivre la beauté de ces paysages offerts, la musicalité d’un opéra nous invitant à nous arrêter, les mots d’un poème qui résonnent dans l’esprit, une discussion, un moment, une présence avec ma partenaire de vie qui fait grandir, réfléchir et aimer.

Le léger est cette position de lâcher-prise sur l’inutile, la pesanteur, sur le futile ; lâcher-prise se sourçant dans la créativité, les élans du cœur et de l’âme.

Je nous souhaite de vivre ce tour de force de transcender la lourdeur, de vivre cette légèreté, cette philosophie, cette force créatrice de vie et d’amour

 

l’art très grave d’être léger.

Claude Roy