Nous ne sommes pas égaux face au développement personnel

unsplash-logoChristian Sterk

La comédienne américaine Cathy Ladman fait remarquer que « Toutes les religions sont les mêmes : la religion, c’est fondamentalement la culpabilité, avec des jours de fêtes différents .

Richard Dawkins

Il existe un drôle de paradoxe dans le domaine du développement personnel : les personnes qui peuvent en tirer le plus d’effets positifs ne sont pas forcément les personnes qui en auraient le plus besoin.

À force d’observer, il apparait clairement que nous n’étions pas égaux face à ce courant qui est censé nous faire du bien.

Il y a d’abord les personnes qui trouveront dans le développement personnel de belles remises en question, car elles voient le potentiel dans les problèmes ou les obstacles ; ces challenges ne les rabaissent pas au contraire, elles le transforment en tremplin. Elles disent que la vie est un choix, qu’elles sont responsables, de lâcher-prise et de bonheur au quotidien.

Ensuite il y a d’autres personnes qui parlent de travailler sur soi, de faire des efforts pour devenir ce qu’il devrait être et recherchent à être réparées, à pardonner. Certaines personnes se sentent même coupables de ne pas réussir ou arriver à faire, ou à être comme les exemples donnés par l’industrie.

Enfin, d’autres se sentiront décourager et diront qu’elles ne sont pas correctes ou que ce n’est pas pour eux. La honte de ne pas être comme tout le monde pourra aussi être un facteur qui fait que la personne suivra des groupes ou méthodes, pour ne pas se sentir rejetée.

La culpabilité, la honte, des sentiments complexes qui se dissimulent souvent derrière d’autres sentiments, des sentiments difficiles à reconnaitre et à exprimer et qui fragilisent ; jusqu’à tout mettre en œuvre dans sa vie, pour ne pas se sentir rejetée ou inadéquate, au point de dépenser des fortunes en développement personnel avec un effet très limité.

Lorsque j’ai publié l’article Arrêtez de travailler sur vous !, j’ai reçu de nombreux commentaires et courriels qui me disaient qu’il ne faut pas cesser ce travail sur soi. En effet, mais ces mots s’amplifient avec la honte ; mon but est de dire les choses avec lucidité afin de se poser des questions sur sa vie et reprendre son pouvoir personnel.

Malgré les images véhiculées, le développement personnel n’est pas une thérapie et donc les effets les plus profitables seront pour le premier groupe de personnes. Bien sûr les autres groupes en tirent aussi des bénéfices, mais il faut être honnête et lucide que certaines personnes puissent avoir parfois besoin d’un soutien d’un spécialiste en plus de ses actions déjà positives. La psychologie étant un tabou dans le monde du développement personnel, il y a souvent plus de critiques que de recommandations. La culpabilité et la honte demanderont alors un énorme courage pour aller chercher du soutien auprès des personnes les utiles.

La spiritualité, le développement personnel sont des outils, des arts de vivre, une chance pour d’autres et j’ai le souhait que tous et toutes puissent y trouver un bonheur sain, que personne ne puisse exploiter les failles de l’autre. (Bien hâte de vous parler de la notion de responsabilité partagée)

J’aimerais conclure en partageant que je souhaite à tout le monde de ne jamais avoir honte d’être qui nous sommes, quelques soient notre histoire, notre parcours, nos cicatrices d’hier, nos difficultés d’aujourd’hui ; je me le souhaite aussi, et de me donner le droit immuable à l’imperfection, de me reconnaitre comme un humain qui change chaque jour vers le mieux.

 

La honte n’a pas pour fondement une faute que nous aurions commise, mais l’humiliation que nous éprouvons à être ce que nous sommes sans l’avoir choisi, et la sensation insupportable que cette humiliation est visible de partout.

Milan Kundera