Je ne veux pas changer le monde

unsplash-logoGuilherme Stecanella

Il faut que tout change pour que rien ne change !

Cette célèbre réplique du « Guépard », dans le film de Visconti, m’est restée depuis mon enfance dans ma tête sans vraiment en comprendre le sens profond.

Cette semaine, suite à l’article Se libérer de la culture du « bonheur obligatoire », j’ai reçu quelques messages qui me disaient que j’étais cynique, nihiliste ou un pessimiste. Je me qualifierai plus d’optimiste réaliste.

Je me suis donc interrogé. Suis-je pessimiste ? Qu’est-ce qu’est-être positif ? Ma réflexion a débuté des messages actuels que je lis, qui nous invite à changer, changer le monde ou comme la citation de Gandhi :  « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde ».

Oui, j’aimerais que le monde change, qu’il devienne un havre de paix, loin des guerres et des inégalités. Je rêverai même d’un utopique monde du paradis terrestre. J’aimerais, mais je ne veux pas. Le désir du changement des autres résonne en moi comme un contrôle de l’autre, une volonté égotique d’imposer sa vision du monde.

Pierre Rabhi dit « On peut parfaitement manger bio et exploiter son prochain. » Se changer soi pour changer le monde et se changer soi pour ensuite imposer ses idées « positives » aux autres ? J’ai l’impression de créer une bizarrerie, de créer des nouveaux problèmes en voulant mettre en place des solutions qui sont miennes.

Une autre citation est venue éclairer ma réflexion, mais cette fois de Henry David Thoreau : « Si je suis venu au monde, ce n’est pas pour le transformer en un lieu où il fasse bon vivre, mais pour y vivre. »

Il me semble que cela aurait plus de sens de me changer moi pour offrir autour de moi une vie des plus agréables, une vie d’amour et si possible altruiste, d’être une meilleure personne sans attendre une gratification ou quelques reconnaissances.

Est-ce que l’amour altruiste change le monde ? Je ne sais pas, mais j’ose croire que la vie sera meilleure. J’ose penser que la vie, la musique, la poésie, les relations, danser, rire, aimer, toutes ces choses inspirantes nous permettront un monde meilleur.

Pour conclure, j’aimerai partager une citation de Gandhi que j’affectionne :

« Tout ce que tu feras sera dérisoire, mais il est essentiel que tu le fasses. »