L’imperfection de l’amour

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 L’amour est comme un peintre qui oublierait — chaque matin, dans son atelier — la vieille histoire du monde, pour saisir une fleur éternelle dans le tremblé de l’air.

Christian Bobin

J’aimerais crier : « Prends-moi comme je suis ». J’aimerais sentir et ne pas me déconnecter à la moindre remarque. J’aimerais que les tempêtes qui viennent de l’intérieur de moi ne te terrassent pas et que tu finisses par me dire « ce n’est rien ». J’aimerais que tu me voies.

J’aimerais t’accepter comme tu es. J’aimerais te dire les bons mots. J’aimerais te protéger de la vie. J’aimerais être l’idéal de l’amour. J’aimerais, mais je ne le suis pas toujours.

Parfois, les réflexes d’un passé sont comme des vagues et me projettent contre le mur de l’imperfection.

J’aime quand on choisit l’amour. J’aime l’espace que l’on crée et qui permet d’être imparfait. J’aime de ne pas changer de bateau juste parce que la mer est calme ou qu’il est brisé.

J’aime ce que tu es, ce que tu ne connais pas de toi et que je reconnais. J’aime ton support, ton écoute. J’aime quand tu me dis « je t’aime tel que tu es » J’aime quand on parle. J’aime ; je t’aime.

L’amour est rempli de « je t’aime » même s’ils sont difficiles à vivre, même si cela n’est pas parfait.

 

Nous pouvons parler d’amour inconditionnel, mais nous ne pouvons imaginer comment nous serons appelés à le vivre.

Daphné Rose Kingma