Mille après mille

Trouver un sens à sa vie

« La vie est un long chemin sans fin,
Et je ne sais pas très bien où je m’en vais.
Je cherche dans les faubourgs et les villes,
C’est dans l’espoir d’accomplir son destin »
Chanson de Willie Lamothe ; Paroles de Jerry Joly ;
reprise par Fred Pellerin

Depuis très jeune, je vivais la vie en marchant à tâtons, sans but, sans savoir où j’allais. Je marchais à travers le monde comme s’il fallait traverser la vie sans faire de bruit, sans déranger. Je menais une vie qui n’était pas porteuse de bonheur ou de joie, mais une vie sur les freins, sur la retenue.

 

Pourtant, une force me laissait des indices vers le chemin qui m’aurait permis d’être authentique, vers un possible éveil ou tout au moins une vie plus épanouissante. Lorsque je faisais certaines choses, comme par exemple partager des connaissances ou des nouveautés, être pleinement présent dans des lieux méditatifs, ou lorsque je lisais des textes spirituels, je retrouvais une joie de vivre plus intense. Mais longtemps, j’ai préféré avoir une vie que je croyais conforme à ce que tout le monde espérait de moi : faire des études, construire une famille, avoir un emploi duquel mon entourage serait fier ; bref, une vie lisse et sans accros.

Et au travers de tout cela, en parallèle si on peut dire, je me disais : « Qui suis je pour être totalement moi ? Que va-t-on dire de moi ? Et le travail, ma famille, l’argent ? » Tant de questions sans réponses qui me donnaient encore plus envie de rester dans ce costume, cette vie mal ajustée à moi.

Je ne sais pas si vous avez remarqué à quel point c’est souffrant de fuir ou de cacher notre nature profonde. Je la cachais avec ce costume qui me permettait de jouer un rôle. Finalement, à force de jouer ce rôle, je me suis égaré de moi et de tous mes rêves, de tous mes désirs, qui ne sont devenus que des rendez-vous manqués ou de vagues objectifs que je ne réaliserais jamais.

L’appel décisif que la vie m’a donné fût un coup de pied pour me réveiller : la maladie. Je fus mis sur le carreau durant plus d’une année et demi, une période durant laquelle j’ai survécu à de nombreuses remises en questions, de nombreux bouleversements personnels. Parmi les questions qui me revenaient souvent en tête, les trois suivantes étaient les plus présentes :

– Qui suis je, vraiment ?

– Ma vie a-t-elle un sens ?

– Comment vivre MA vie, et non celle que je crois socialement acceptable?

Cette maladie est donc devenue non pas un obstacle infranchissable, mais bien une opportunité de changement de niveau de conscience. Avec le recul, c’est toute ma vie, avec ses épreuves, ses bons moments, ses indices, qui m’a guidé à ce moment charnière de ma vie. Et bien sûr, ça aurait pu encore être un rendez-vous manqué, mais j’ai fait ce choix d’enfin entendre l’appel de mon vrai Nord.

Trois ans plus tard, j’ai réalisé un de mes vieux rêves, qui était d’accompagner les gens vers leur essence et leur sens, en devenant coach de vie. Malgré la maladie, les obstacles/opportunités qui ont jalonné ma vie, une croyance me guide dans ma pratique de coaching : nous ne sommes pas obligés de vivre un moment souffrant pour vivre un changement de conscience. Les moments positifs sont de superbes tremplins vers la pleine conscience. Avec centrage et ancrage, nous avons la possibilité de choisir de mettre en place concrètement les choix qui correspondent à notre nature profonde, en douceur, en harmonie. En bref, la guerre avec soi-même et les autres n’est pas nécessaire à l’éclosion de l’Éveil et le début d’une vie plus authentique.

En observant ma vie, mes goûts, mes souvenirs, les gens qui m’inspirent, en écoutant comment tout cela vibre en moi, les images qui me viennent, un chemin m’est apparu ; le sens de ma vie était devenu plus clair. Voici en bref, les actions qui peuvent permettre de trouver ce fameux sens à sa vie :

– Découvrir les indices, les petits cailloux blancs, dispersés par la vie pour nous remettre sur le vrai chemin

– Oser vouloir devenir soi, même si cela est totalement inconnu, embrouillé, flou et nous fait peur

– Vivre l’expérience de la vie en allant de l’avant, avec curiosité et ouverture, et non pas à contre-courant

– Découvrir les guides, les personnes qui inspirent et illuminent et qui deviendront des supports lors de cette aventure

– Guérir ses blessures ou mettre en action ses qualités refoulées

– Partager avec les autres, trouver sa communauté

Vivre la vie qui est la nôtre et non celle guidée par les peurs, les résistances, le regard des autres et leurs attentes, quitter cette vie trop petite pour soi, cette vie qui nous fait mal au fil des années pour rejoindre cette vie épanouissante, libre du regard, libre des barrières que nous nous sommes mises sur le chemin, voilà une vie qui fait sens. Voilà pourquoi en trouvant ma voix dans le coaching, dans l’écriture et dans le partage, je me suis donné les moyens de vivre pleinement ma destinée. Et de là, tout se met à couler de source.

Finalement, j’aimerais vous partager ce très beau texte qui résume toute ma pensée sur le sens de la vie :

« Combien de fois ai-je secrètement espéré que ma vie bascule et que surgisse la possibilité de tout recommencer, de jeter par-dessus bord les bagages trop lourds accumulés au cours des ans? Combien de fois ai-je attendu l’occasion de me délester du poids d’une vie qui, après avoir été celle dont j’avais rêvé, ne me ressemblait plus? Combien de fois ai-je souhaité que tout se renverse pour ne garder que ce très peu qui procure la liberté de la dépossession véritable? Mais combien de fois ai-je baissé la tête et les bras, craignant d’avoir été entendue que mes prières soient exaucées et que je sois bientôt contrainte à plonger dans l’obscurité de l’inconnu pour tout recommencer? Combien de fois ai-je tourné les talons devant la peur? »

Hélène Dorion, Recommencements, p. 92-93

Régis Carlo

Coach professionnel certifié en PNL

http://www.regiscarlo.com

 

Publié sur le site de mes partenaires Mon Yoga Virtuel

3 pensées sur “Mille après mille”

  1. vicky Greer dit :

    Régis, j’aime tant te suivre sur FB.. Ma vie a hyper bousculé il y a maintensnt 3 ans de tout bord tout coté. Je suis maintenant vraiment moi… jme fou des commentaires, artifices etc. J’ai appris à 40 ans à dire NON. j’ai maintenant 49, je vie seule, moyens très restreint et après tout mes efforts, j’ai l’impression qu’ils ne mènent à rien….. c’est normal ? Ce matin, j’ai de la peine et envie de sentir que tout va bien allé et que j’arrive à destination et non un objet qui flotte sur l’eau…. merci pour ton écoute !
    Vicky

  2. Monique Gilbert dit :

    Bonjour Régis, je vais essayer d’écourter ce que j’ai à te dire. Il y a énormément de similitude dans nos pas dans notre vie. Jute avant de venir ici pour te lire, j’ai écrit un texte qui m’est venu en réponse à un exercice, le dernier exercice que tu nous a donné à faire. J’aimerais bien savoir ce que tu en penses car je suis vraiment surprise de ce que je viens de lire ici. Il y a beaucoup de ressemblance…

  3. Régis Carlo dit :

    Bonjour Vicky, et merci de tes bons mots!

    Normal? Comme tu le sais, je ne donne pas de conseils, car donner son avis en lisant deux phrases est impossible.

    Par contre lorsque l’on me demande si quelque chose est normal, je donne toujours deux indications :

    – si cela t’empêche de vivre et qu’il y a une souffrance, alors chercher de l’aide de type psychologie (les seuls qui sont habilités à traiter la souffrance) est conseillée
    – si cela ne t’empêche pas de vivre, alors le chemin continu et une réponse arrivera peut-être.

    Merci!

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